L’auto-organisation et l’engagement

L’homme qui voue sa vie entière à effectuer quelques rares opérations simples, desquelles les effets sont peut-être toujours les mêmes ou très semblables, n’a pas d’occasion de pratiquer sa compréhension ou d’exercer son inventivité à trouver des opportunités à dissiper des difficultés qui ne surviennent jamais. Il perd naturellement, dès lors, l’habitude de telles pratiques et, généralement, devient aussi stupide et ignorant qu’il est possible à une créature humaine de devenir. La torpeur de son esprit le rend non seulement incapable de goûter ou supporter un parti dans quelque conversation rationnelle que ce soit ou de concevoir ne serait-ce qu’un sentiment généreux, noble ou tendre, mais aussi, en conséquence, de former un jugement juste concernant plusieurs, même des plus ordinaires, tâches de la vie privée.

source : Adam Smith « An Inquiry into the Nature and Causes of the Wealth of Nations »

Avoir du plaisir au travail, est-ce important? C’est le fondement même de la performance et de l’amélioration continue. L’auto-organisation des individus est un carburant puissant qui alimente la motivation, la créativité, le désir du dépassement et la recherche de l’excellence. En tant que conseiller Agile, je suis très sensible au développement du savoir-être dans mes équipes de travail. Voici 3 entreprises florissantes où l’auto-organisation est au cœur de leurs principes : PatagoniaValve et Buurtzorg. Un travailleur heureux en vaut 2 🙂

Échec : le chemin le moins fréquenté

J’ai raté 9000 tirs dans ma carrière. J’ai perdu presque 300 matchs. 26 fois, on m’a fait confiance pour prendre le tir de la victoire et j’ai raté. J’ai échoué encore et encore et encore dans ma vie. Et c’est pourquoi j’ai réussi. – Michael Jordan

Je n’ai pas échoué, j’ai trouvé 10 000 solutions qui ne fonctionnent pas. – Thomas Edison

  • Est-ce qu’ils se sont sentis mal? OUI.
  • Est-ce qu’ils ont senti la pression de leurs pairs? Certainement.
  • Ont-ils voulu abandonner, revenir en arrière? Assurément.
  • Ont-ils appris de leurs échecs? Qu’en pensez-vous?

Lors d’un échec, est-ce que revenir en arrière est une solution pour essayer autre chose? Bien non! Car j’ai évolué, je ne suis plus le même. Je ne peux pas revenir dans l’état et l’écosystème d’avant, c’est impossible. Et pourtant, c’est ce que nous faisons tout le temps.

Essayer autre chose est-il vraiment garant d’un succès?

La phrase du gestionnaire « OK gang, on va essayer de faire du ABC » se résume dans la tête des gens : « Pis si cela ne marche pas, on va revenir comme avant. ». « Essayer », est-ce une façon d’annoncer un échec?

Voici un autre chemin possible :

  • Faire quelque chose;
  • Célébrer l’échec;
  • Faire une rétrospective, s’améliorer, se perfectionner;
  • Et revenir à la première étape.

Bref, le faire vraiment. Autrement, mais vraiment. Et cela jusqu’au jour où vous prendrez le succès à deux mains avec fierté, en regardant en arrière pour contempler tous ses alliés d’échecs qui vous ont aidé à grandir.

Je termine avec une phrase d’un vieux sage:

N’essaie pas ! Fais-le, ou ne le fais pas ! Il n’y a pas d’essai. – YODA

Les 3 clés de la vélocité : Dynamiser, converger et anticiper

Les clés

Dans ma pratique, je me suis rendu compte que j’utilisais souvent les mêmes leviers pour déverrouiller la vélocité (ou le débit en Kanban)… Dynamiser, converger et anticiper.  Ces 3 clés m’ont souvent suffi et ont souvent été nécessaires.

Elles ont émergé des questions suivantes:

  1. À quoi sert de planifier si le temps de mes équipiers n’est pas passé de manière active et délibérée à contribuer au projet? (Dynamiser)
  2. À quoi sert de se démener si on ne fini jamais rien? (Converger)
  3. Pourquoi faire un plan quand on ne livre jamais? (Anticiper)

Les clés en action

Dynamiser

Dans le contexte de ces clés, dynamiser consiste à transformer la présence simple en une participation active et délibérée.

Quelques questions pour inspirer l’intervention

  • Si un équipier est engagé à temps plein sur le projet, est-ce que son temps est vraiment passé sur le projet ou détourné vers des activités satellites hors projet? (Éliminer/réduire le détournement de ressources)
  • L’équipier a-t-il les outils et le savoir-faire pour faire son travail? (Appuyer et faire grandir)
  • L’équipier est-il mobilisé/énergisé à réaliser le projet? (Partager la mission et la vision, soulever l’intérêt)
  • Est-ce que l’équipe est appuyée pour traiter les éléments bloquants? (Implication du Scrum Master)
  • Est-ce que l’équipe s’auto-organise en vue faire plus et mieux? (Rétrospectives efficaces)

Converger

Dans le contexte des clés, converger consiste à transformer  la participation en résultat.

Quelques questions pour inspirer l’intervention

  • Est-ce que l’équipe s’entend sur un point de départ commun? (La définition de prêt)
  • Est-ce que l’équipe s’entend sur un point d’arrivée commun? (La définition de terminé)
  • Est-ce que l’équipe s’entend sur la finalité de la livraison? (La définition de terminé, au niveau du sprint, livraison, projet etc.)
  • Est-ce que l’équipe s’auto-organise en vue d’atteindre rapidement les définitions de terminé à tous les niveaux?

Anticiper

Dans le contexte des clés, anticiper consiste à préparer le carnet de manière à converger plus rapidement et plus régulièrement, tout en gardant un bon équilibre au niveau du juste-assez et juste-à-temps.

Quelques questions pour inspirer l’intervention

  • Est-ce que le niveau de découpage est propice à un débit rapide? (Petits éléments qui permettent une convergence rapide)
  • Est-ce que l’ordonnancement des éléments du carnet est adéquat? (Éviter les conflits entre récits qui causent des bloquants)
  • Est-ce que la discussion entre le PO et les équipiers permet de faire évoluer le carnet en vue d’une consommation plus véloce de celui-ci?
  • Est-ce que la gestion/gouvernance laisse suffisamment de marge au PO et son équipe en vue de réviser le carnet de manière à favoriser sa consommation de manière plus véloce?

Conclusion

Ces outils mettent plutôt l’accent sur la mécanique. Il serait réducteur de penser que ces clés peuvent combler 100% des lacunes d’une équipe. De nombreux enjeux de collaboration, dynamique organisationnelle, savoir-être, gestion etc. peuvent entrer en ligne de compte pour le succès de l’équipe et méritent l’attention.   Par contre, lorsque l’enjeu en est principalement un de vélocité, ces clés peuvent s’avérer très intéressantes.

La chose que je dis le plus souvent aux équipes aux prises avec un enjeu de vélocité?

Soyons excellents chez nous avant d’essayer de transformer les autres.

 

Rétrospective sur la collaboration

Récemment, je devais tenir une rétrospective dont le sujet principal était la collaboration entre trois équipes. On parle régulièrement de la collaboration au sein d’une équipe, mais force est de constater que la collaboration inter-équipes est un sujet qu’on aborde moins souvent.

J’ai donc parcouru internet à la recherche d’idées dans l’espoir que la rétrospective que j’allais tenir porte ses fruits.

Je suis tombé sur un article de blog publié par Renzo Venini sur le site de Scrum Alliance. Dans son article, M. Venini présentait une méthode basée sur des souhaits et des offres pour finalement converger vers des actions. Je vous laisse lire l’article original si vous souhaitez  en savoir un peu plus sur sa technique.

Très intéressé par sa technique, j’ai tenté une approche afin que les équipes identifient leurs souhaits en considérant d’autres axes que ceux qu’ils emploient habituellement.

AtelierCollaboration

En me basant sur le Team Trust Canvas élaboré par Alexey Pikulev, j’ai créé un canvas identifiant les axes de collaboration inter-équipes.

CanvasCollaboration

J’ai détaillé ma version de la technique de rétrospective dans la section outils du site. Je vous invite à consulter la page correspondante par ici.

Au lendemain de l’Agile Tour Québec 2015

Encore une fois cette année, Facilité informatique est fière d’avoir contribué au succès de l’Agile Tour de Québec.

Nos présentateurs tiennent à vous remercier de vous être déplacés en si grand nombre pour assister à leurs deux conférences et à leur atelier.

Vous les avez manqués ou souhaitez en savoir plus? Voici quelques informations qui devraient vous plaire:

Cultiver la confiance en l’équipe par Frédérick Lussier

Dans son atelier, Frédérick vous a présenté deux outils forts utiles pour améliorer la confiance de votre équipe. Ceux-ci peuvent être retrouvés aux endroits suivants:

Catalyser votre transition Agile avec le codéveloppement par Nicolas Mercier

Si vous souhaitez consulter le matériel présenté par Nicolas, le voici:

Pdf: Catalyser votre transition Agile avec le codéveloppement

Vous aimeriez faire partie d’une cohorte de codéveloppement? Facilité Informatique démarrera dès janvier une cohorte de codéveloppement pour leaders Agiles expérimentés. Vous retrouverez plus d’informations dans l’onglet « Nos formations » .

Les bases de données, ces mal-aimées de l’Agilité! par François Desrosiers

François publiera sous peu une série d’articles sur le sujet vous permettant d’en savoir un peu plus. Nous vous suggérons de vous inscrire aux mises à jour d’excellenceAgile.com en cliquant sur le bouton « Suivre » situé au bas de votre écran pour être avisé lorsque le nouveau contenu sera disponible.

On se donne rendez-vous à l’Agile Tour de Montréal où vous pourrez assister à la présentation de Jean-René Rousseau: « Mon Agilité est plus grosse que la tienne » et échanger avec lui lors du panel d’experts.

Gagnons nos matchs en équipe

Durant un match de hockey, un défenseur reçoit la rondelle alors qu’il est dans sa zone. Il n’y a que le gardien entre lui et le but adverse. Alors, il décide de patiner avec détermination. La foule est en liesse à la venue de ce nouveau point. Encouragé par les cris de la foule, notre défenseur patine de plus en plus vite, distançant ses adversaires. Et, à la ligne bleue, il s’arrête net et il regarde autour de lui. Un joueur adverse en profite pour lui voler la rondelle.

A la fin de la période, le coach de l’équipe rencontre son défenseur et lui demande :

  • « Pourquoi, n’as-tu pas tenté de scorer? ».
  • « Ben! C’est la job de l’offensive, moi je suis à la défense. C’est pourquoi je cherchais à faire une passe à un de mes collègues », lui répond le joueur.
  • « Attends, c’est quoi l’objectif de l’équipe » rétorque le coach
  • « Ben! De gagner coach. »
  • « Et pour gagner, que devons-nous faire? »
  • « Mettre la rondelle dans le but. »
  • « Nous sommes d’accord sur ce point. Alors la prochaine fois que feras-tu? » Lui demanda le coach.

J’ai trop souvent observé dans les équipes de développement, des joueurs restés campés dans leur rôle.

  •  « Ben! ce n’est pas à moi de le faire. »
  •  « Ce n’est pas moi l’analyste. Ce n’est pas moi le testeur. Etc. »
  •  « Il n’y a que lui qui sait comment faire. Moi, je ne touche pas à cela. »
  •  « On ne peut pas livrer, les testeurs n’ont pas terminé la validation. Alors, on travaille sur autre chose. »
  •  « L’analyse fonctionnelle n’est jamais prête à temps. Je dois attendre. »

Vous avez omis un de vos objectifs d’équipe, celui qui va faire que vous allez gagner. En tant que membre d’équipe, votre devoir c’est d’aider vos collègues à atteindre les objectifs fixés. Même si pour cela, je dois faire des tâches qui ne sont pas écrites dans ma description de tâche? Oui. Même si pour cela, je dois faire confiance à mes coéquipiers pour réaliser des tâches liées à mon rôle? Oui. Pensez-y. Dans une équipe de hockey, l’objectif de chaque joueur, c’est de marquer des buts. Alors oui, si un gardien de but se rend compte qu’il peut marquer, il va tenter le coup.

Alors, essayez ce qui suit : avant de commencer une nouvelle tâche regardez qui vous pouvez aider, lorsqu’un membre de votre équipe vous présentera un problème ou un bloquant, demandez-lui comment vous pouvez l’aider. Lorsqu’un membre de votre équipe dira : « C’est plate, je n’ai plus rien à faire. L’analyse fonctionnelle n’est pas prête. » Demande-lui : « Que peux-tu faire pour aider? Comment peux-tu collaborer, et ce, pour le bien commun de l’équipe? »

En tant que professionnel et membre d’équipe, au cours du dernier mois, combien de fois avez-vous saisi l’occasion de sortir de votre rôle pour le bien commun de l’équipe? Quelles sont les possibilités que cela ouvre maintenant?

Que pensez-vous de faire en sorte d’atteindre vos objectifs et de gagner vos matchs?

Est-ce que la collaboration égale nécessairement le consensus?

Décider en équipe peut parfois être lourd. Il faut discuter, diverger, converger, rallier, faire des compromis bref tendre vers un concensus.  Mais est-ce toujours souhaitable?  Peut-on faire partie d’une équipe collaborative et appliquer d’autres modèles décisionnels que le consensus?

Je suis un fan de tout ce qui est « situationnel ». J’aime la capacité d’ajuster notre posture ou nos façons de faire en fonction du contexte et de la situation dans laquelle on se trouve. Le dernier billet de Jesse Lyn Stoner propose un modèle pour nous aider à nuancer la façon dont sont prises les décisions en équipe selon le contexte

Types_Team_Decisions

Indice du bonheur Crisp (Happiness Index)

En tant que firme de consultation on se retrouve pour la plupart éparpillé en mandat et ainsi, tisser des liens, créer de la synergie et avoir du feedback deviennent rapidement des défis respectables. Crisp est une firme de consultation suédoise basée à Stockholm. Vous pouvez aller voir leur site si vous comprenez le suédois (ou si vous trouvez que Google Translate fait du bon travail), mais je vous recommande plutôt leur blog qui est en anglais. Pour ceux qui le connaissent, Henrik Kniberg travaille pour Crisp. C’est lui qui est derrière le modèle agile chez Spotify… mais bon je m’écarte de mon sujet. Lire la suite